La conscience
-
Les technologies de l'intelligence - Un livre de Pierre Lévy
Commentaire : Un livre qui date de 1990 soit déjà 34 ans
- Un grand nombre de modules du système cognitif sont "encapsulés", automatiques et très rapides. Cela signifie, entre autre, qu'ils échappent à la conscience (1)
- Les limites de la raison (129)
- "Que pensez-vous en restant immobile, assis sur le sol ?" Le maître dit : "Je pense la non-pensée." Le moine demanda : "Comment peut-on penser la non-pensée ?" Le maître dit : "Par ce qui n'est pas de l'ordre de la pensée." (2)
- L'esprit (8)
- L'esprit est majoritairement inconscient, machinal, fait de pièces et de morceaux. L'ignorance mutuelle de ces parties assure la rapidité et l'indépendance de certains traitements (1)
- Le tout et les parties (17)
- L'esprit (8)
- Les limites de la raison (129)
- La majeure partie du fonctionnement de notre esprit échappe à notre contrôle volontaire. (1)
- L'esprit (8)
- Les limites de la raison (129)
- La linéarité et le sentiment d'unité ne valent qu'à une échelle moyenne d'introspection. Au niveau neuronal, le fonctionnement parallèle, la multiplicité des entités en interaction, et donc l'inconscience, sont au contraire des traits déterminant. Ni la conscience, ni l'unité substantielle, ni le fonctionnement séquentiel ne sont indispensables à la pensée (1)
- La conscience fonctionne précisément en s'érigeant comme centre causal et source de représentation. En proclamant "Je sais, je pense, je veux etc.", elle s'approprie et s'attribue ce qui, en toute rigueur, n'appartient qu'à un agencement infiniment complexe dépassant les limites de l'individu (1)
- Les limites de la raison (129)
- Le paysage (29)
- Comment délimiter nettement la pensée de ce dont elle vit et qui s'étend dans toutes les directions, sans limites précises ? Comment séparer l'intelligence du réseau organique, objectif, social, auquel elle tient ? (1)
- Le paysage (29)
- Certes, la personne pense, mais parce qu'un méga-réesau cosmopolite pense en elle, villes et neurones, école publique et neurotransmetteurs, systèmes de signes et réflexes. En cessant de maintenir la conscience individuelle au centre, on découvre un nouveau paysage cognitif, plus complexe, plus riche. (1)
- Les limites de la raison (129)
- Le paysage (29)
- Le projet Mneseek (319)
- L'encyclopédisme (160)
- « La conscience danse comme une ballerine »
- « D'une manière ou d'une autre, on en est ainsi ramené à l'épistémologie de Hume qui prétendait déjà que « l'homme n'est pas seulement un animal irrationnel, mais (que) de plus, cette part de nous-même »
-
Connaître est agir - Un livre de Miguel Benasayag (et Angélique del Rey)
Commentaire : Il y est question de paysage, de mythe de l'individu, très intéressant. Découvrez ici son sommaire et son résumé.
- Une éducation et une culture centrées sur la méfiance envers les sens, et qui donnent une place privilégiée aux mécanismes de la conscience, finissent par produire aussi un refoulement de nos sensations, de nos connaissances (qui proviennent, nos pas de façon passive de nos sens, mais aussi de la réalité de notre corps, de notre propre vie), éblouis que nous sommes par les effets de la représentation symbolique (1)
- Les limites de la raison (129)
- Les sens (4)
- Une critique du rôle central de la conscience, ainsi que du désir de maîtrise qui l'accompagne (1)
- Les limites de la raison (129)
- La conscience éblouit et finit par saturer les autres voies de connaissance et d'information qui proviennent du paysage et de l'organisme même. Etre trop centré sur l'activité de la conscience, c'est être très limité dans sa capacité d'agir et de connaître, au sens d'une connaissance qui s'enracine dans la perception. Le problème de la conscience est donc celui de la croyance que nos cultures lui vouent en tant que centre de nos êtres et garante de la pensée. (1)
- Les limites de la raison (129)
- La non-pensée (15)
- Ceci me fait penser à l'idée de non-pensée telle que développée dans le Shobogenzo de Maître Dogen, plus particulièrement à ce passage : "Que pensez-vous en restant immobile, assis sur le sol ?" Le maître dit : "Je pense la non-pensée." Le moine demanda : "Comment peut-on penser la non-pensée ?" Le maître dit : "Par ce qui n'est pas de l'ordre de la pensée." (JG)
- Le besoin de replacer les mécanismes conscients à leur véritable place. Quand je suis en train d'étudier, de jouer de la musique, de faire du sport, je peux être "conscients" de mes actes, mais dans tous les cas, ce ne sont pas là des activités qui dépendent, ou encore moins, surgissent de la conscience. (1)
- Les limites de la raison (129)
- La non-pensée (15)
- Les effets et activités de la conscience sont tout à fait lacunaire et discontinus, et le processus de pensée ne ressemble en rien à une sorte de longue phrase qui se déroulerait dans la tête de celui qui pense. Nous pensons et gaissons, au quotidien, dans ce mélange permanent qui saute d'un registre à l'autre, de la conscience vers des combinatoires autonomes (jouer de la musique, etc.). Par exemple, de la pensée consciente d'un problème, nous sautons vers des images non linguistiquement traduisibles, et, souvent, nous obtenons la solution de façon non exprimable : nous trouvons, et ce n'est qu'ensuite que nous devons faire le travail de formalisation de la trouvaille. C'est donc par une vue de l'esprit que l'on finit par croire que nous ne pouvons pas agir en dehors et au-delà des représentations conscientes, car la réalité des processus des organismes humains est très éloignée de ce récit. (1)
- Les limites de la raison (129)
- La non-pensée (15)
- Quand je fais du sport, lorsque je marche etc, je change la vision que j'ai de ma vie, de mes projets... (JG)
-
Entretien avec Jean-Michel Besnier, dans La république des livres
Commentaire : Jean-Michel Besnier est l'auteur du livre "L'homme simplifié"
-
Nietzsche, Marx, Freud, les "maîtres du soupçon"
Commentaire : Une courte page
-
"Nietzsche, Marx et Freud ont en commun d'avoir décentré leur pensée de la conscience, rompant ainsi avec une tradition de la philosophie occidentale.
Nietzsche attribue à l'instinct une influence prédominante pour ce qui est du comportement humain.
Marx quant à lui renverse la tendance : l'origine sociale est constitutive de la conscience, et non l'inverse.
Freud lui s'intéresse aux profondeurs de l'être humain. Il conclut d'ailleurs que la conscience est secondaire. Le père de la psychanalyse présente la psyché sous un jour nouveau : c'est l'inconscient qui gouverne chacun de nous, et ce que l'on pense être le résultat de sa volonté n'est autre que le fruit d'un mécanisme psychique qui nous échappe, sur lequel nous n'avons pas de prise bien qu'il soit alimenté par notre histoire, où tout ce qui a été refoulé par une pression extérieure érige autant de barrières, de voies tracées, ne laissant aucune place à un hypothétique libre-arbitre exercé en toute conscience.
Ainsi, avec Nietzsche, Marx et Freud, on apprend que la conscience est bien plus illusoire qu'elle n'y paraît. C'est sur cette idée que s'ouvrira la philosophie du XXème siècle."
(Jefka)
-
"Nietzsche, Marx et Freud ont en commun d'avoir décentré leur pensée de la conscience, rompant ainsi avec une tradition de la philosophie occidentale.