Note — Dieu, ma mère et moi, Franz-Olivier Giesberg — [lien]
Dieu, ma mère et moi - Notes de lecture
par Judo73 — 23/12/2017 11:18 — Note publique
Alexandre Jollien : « Jean XXIII conseille d'accomplir chaque action, aussi petite soit-elle, comme si le Seigneur nous avait mis au monde uniquement pour bien faire cette action et qu'à son bon accomplissement était attachée notre sanctification. Jean XXIII m'aide donc à considérer comme sacré chacun de mes gestes, chacune de mes rencontres. Je pense que c'est cela, précisément, être présent à la vie. »
« Le plus grand danger du monde est de perdre le goût de Dieu », Julien Green
Croire me donne la joie. Au fil des ans, des lectures, des voyages et des rencontres, ma foi a grossi de toutes sortes de doctines philosophiques et de croyances religieuses. Je suis un nouveau croyant. Je fais mon marché partout, jusque dans les hérésies.
La joie du croyant
Les monastères, où la vie semble un sourire inaltérable
Il m'a fallu du temps pour m'habituer à l'idée que la vie même est un scandale. Que l'injustice lui est consubstantielle.
Dieu, la Bible et le reste, c'est une belle histoire. Elle t'élève, elle te transporte, elle te fait du bien.
Il n'est pas nécessaire qu'une histoire soit vraie pour y croire.
Julien Green fait un magnifique portrait de sa mère dans son chef d'oeuvre Jeunes années.
Il ne faut pas en vouloir à l'Eglise. Dieu, c'est quelque chose qui nous dépasse. L'Eglise a essayé de le mettre dans un cadre où il n'entre pas.
« La pensée vole, les mots vont à pied », Julien Green
C'est ce Dieu du tableau qui a gâché les plus belles religions. Il convoque, il assène, il dit le bien et le mal, il dit même ce qu'il faut manger. Surtout il est si humain qu'il s'en va-ten guerre pour un oui ou pour un non.
Augustin concevait Dieu comme une « substance immense pénétrant de toutes part à travers les espaces infinis la masse entière du monde, répandue sans terme dans l'immensité. »
Le Seigneur, un mystère qui passe à travers les humains, les arbres et les pierres, et qui nous unit pour nous fondre dans le Grand Tout.
Vie de Thérèse de Lisieux, du père Jean-François Six, livre que Mitterrand adorait
Walt Whitman : panthéiste amoureux du monde, poète des forêts et des prairies américaines
Walt Whitman, Feuilles d'herbe
On dirait que la société moderne s'acharne à effacer les preuves de l'existence de Dieu.
Je crois au Dieu Univers, et non au Dieu créateur.
Dieu se confond avec le monde et correspond à la définition de Tolstoï : « Ce tout illimité dont l'homme se sent une partie limitée »
Stendhal, « Ce qui excuse Dieu, c'est qu'il n'existe pas »
La joie d'être ensemble ou d'être là, tout simplement. La joie de nous retrouver dans les yeux aimés d'un amour ou d'un enfant. La joie de se mélanger à l'univers. La joie qui fait de Dieu une évidence. Je crois à la preuve par la joie.
Simone Weil : « En toute chose, seul ce qui nous vient du dehors, gratuitement, par surprise, comme un don du sort, sans que nous l'ayons cherché, est joie pure »
Les religions meurent de l'esprit de sérieux. La foi sera joyeuse ou ne sera pas.
Le christianisme a offert au monde la Vierge Marie.
La « joie parfaite », célébrée par saint François d'Assise
Histoire d'une âme, Thérèse de Lisieux, écrits autobiographiques réunis en un seul volume
Devant un ciel ou un paysage comme ça, il est impossible de ne pas voir Dieu, de ne pas le sentir, de n'avoir pas envie de lui parler.
« Certitude, certitude, sentiment, joie, paix... », parchemin retrouvé après la mort de Pascal, cousu dans la doublure de son habit.
Il n'y a que Dieu qui peut avoir créé l'idée de Dieu.
Jack Kerouac, Big Sur
Dharmmapada : 423 versets reprenant les paroles du Bouddha
Bouddha : « Il se réjouit dans cette vie. Il se réjouit après sa mort. L'homme de bien partout se réjouit. Il connaît la joie, il déborde de joie devant la pureté de ses actes. »
Spinoza réintègre l'espèce humaine dans la nature.
« Dieu, c'est à dire la nature », Spinoza
Pour Spinoza, Dieu est partout, il est à la fois cosmopolite, oeucuménique et protéiforme. Il est moi, il est toi, il est l'air que nous respirons et le gazon sur lequel nous marchons.
Kerouac, « Tout est vide et vivant »
Kant : « tout ce qui se conçoit n'existe pas nécessairement. »
Le cynisme et la cupidité, les deux vraies idéologies de la société moderne.
Je me sens bête, comme le martinet ou l'hirondelle qui, dans le ciel, dessinent en nageant d'immenses arabesques.
Salomon Reinach, apôtre de toutes les religions. Il montre dans Orpheus ou Cultes, mythes et religions, les liens du paganisme au christianisme et les imbrications entre toutes les croyances religieuses.
Bouddha : « Il n'existe dans tous les univers, visibles et invisibles, qu'une seule et même puissance, sans commencement, sans fin, sans autre loi que la sienne, sans prédilection, sans haine. Elle tue et elle sauve sans autre but que réaliser le Destin. La Mort et la Douleur sont les deux navettes de son métier, l'Amour et la Vie en sont les fils. »
La joie pleine
François d'Assise décrète que les bêtes sont nos frères et nos surs.
François d'Assise : panthéisme. Il annonce Spinoza et introduit le bouddhisme dans le christianisme. Il recycle toutes les grandes hérésies de l'époque et en reprend les thèmes porteurs.
Julien Green, Frère François
Rien ne ressemble plus à un moine bouddhiste qu'un frère franciscain
Plutarque, dans ses Trois traités pour les animaux, jette les bases du végétarisme, qui enrôlera Vinci, Rubens, Tolstoi, Einstein, Kafka, Maeterlinck ou Gandhi.
Le pharisaïsme de notre époque
Nous nous dépasserons et même nous nous surpasserons enfin quand notre espèce saura humaniser sa relation au vivant.
Apôtre de la déconstruction, Jacques Derrida dans « L'animal que donc je suis », démonte la tradition philosophique qui d'Aristote à Heidegger en passant par Descartes, définit l'animal comme le contraire de l'homme, une créature incapable de parole, de raison, de deuil, de générosité, de rire...
Derrida se demande si nous sommes en droit de refuser aux bêtes ce que nous attribuons à nous-mêmes sans complexe.
Nietzsche accuse Schopenhauer de préparer une « époque bouddhiste pour l'Europe ».
Schopenhauer est fasciné par le bouddhisme, l'hinduisme, le taoisme. Il reproche aux monothéisme d'avoir arraché l'homme au monde animal auquel il appartient, pour ravaler les bêtes au rang d'objets.
Il y a un christianisme franciscain comme il y a un christianisme paulinien.
Le christianisme sera un panthéisme ou ne sera plus.
1875, grand chef Sioux Sitting Bull : « Regardez, mes frères, le printemps est là. La Terre s'est accouplée avec le soleil et bientôt nous verrons le fruit de cet amour. Toutes les graines sont éveillées, ainsi que les animaux. Cet immense pouvoir, c'est aussi la source de notre vie. Voila pourquoi nos compagnons, hommes et animaux, ont les mêmes droits que nous sur terre. »
nihilisme humanitariste ????
Les petites gouapes du nihilisme humanitariste, matrice du cynisme dominant, ont gagné sur toute la ligne. En moins d'un siècle, elles ont réglé leur compte à Dieu, à la nature, à la mort, à l'âme. Place à l'anthropolâtrie, la nouvelle religion. Tous les êtres du cosmos sont invités à se prosterner devant l'homme-Dieu.
Règne du relativisme triomphant.
Plotin : « Tous ensemble, nous sommes les êtres ; donc, à nous tous, nous ne faisons qu'un. »
savoir se fondre dns l'univers.
Pythagore : « Le monde est plein d'âmes »
Norman Mailer, Un rêve américain, Le chant du bourreau
Norman Mailer : « La réincarnation est la seule chose qui ait un sens. L'idée que nous ayons à endurer tout ce que nous ayons à endurer sur cette terre pour que tout s'arrête d'un seul coup, cette idée ne tient pas... Dieu est malin. Aussi, ses choix de karmas sont bien pensés »
L'âme, c'est comme Dieu. Elle ne se prouve ni s'argumente, elle s'expérimente.
Simone Weil, La pesanteur et la grâce
Simone Weil : « L'homme, un néant capable de Dieu »
Pour Maître Eckart, pour atteindre la béatitude, il faut faire le vide en soi. S'anéantir.
La destruction de soi : Nous ne possédons rien au monde car le hasard peut tout nous ôter sinon le pouvoir de dire je. C'est cela qu'il faut donner à Dieu, c'est à dire détruire. Il n'y a absolument aucun autre acte libre qui nous soit permis, sinon la destruction du je.
La nécessité du détachement : Détacher notre désir de tous les biens et attendre. L'expérience prouve que cette attente est comblée. On touche alors le bien absolu.
Vanité de la possession : on ne possède que ce à quoi on renonce.
Une plénitude qui dispense de cherche sans raison.
La cupidité, la matérialisme et le culte des apparences, les trois faces de la même fange où nous sommes en train de nous perdre.
Feuerbach : « Seul celui qui aime existe »
Bouddha : « Heureux nous qui vivons sans haine parmi les gens haineux. Au milieu des gens haineux, demeurons sans haine »
Dostoïevski : « Je préfère être avec le Christ plutôt qu'avec la vérité »
Mark Twain : « Dans le doute, dites la vérité »
Sitting Bull : « La Terre n'appartient pas à l'homme, c'est l'homme qui appartient à la Terre »
Mère Teresa : « Souriez-vous les uns les autres »
Edgar Morin : « Tout ce qui ne se régénère pas dégénère »
« Avant notre naissance, on était très bien. L'au-delà égale l'en-deça », Michel Tournier
Bossuet : « Tout est vain en nous, excepté le sincère aveu que nous faisons devant Dieu de nos vanités »
Pascal : « Le moi est haïsable »
« C'est plus facile d'avoir des principes quand on est bien nourri », Mark Twain
Louis Aragon, Les poètes
Saul Bellow, Herzog
Michel Déon, Les poneys sauvages
Derrida, L'animal que donc je suis
Crime et châtiment, Dostoievski
Le silence des bêtes, Elisabeth de Fontenay
Solitude de la pitié, Colline, Le grand troupeau, Un roi sans divertissement, Jean Giono
Pamphlet contre les catholiques de France, Julien Green
Big Sur, Jack Kerouac
L'extase matérielle, JMG Le Clézio
Contre-histoire de la philosophie, Michel Onfray
C'est une chose étrange à la fin que le monde, Jean d'Ormesson
De Goupil à Margot, La guerre des boutons, Louis Pergaud
Trois traités pour les animaux, Plutarque
Simone Weil, le courage de l'impossible, Christiane Rancé
Portnoy et son complexe, Philip Roth
Tortilla Flat, John Steinbeck
Histoire d'une âme, par Thérèse de Lisieux
Le roi des Aulnes, Michel Tourniers (sur les nazis...)
Les aventures de Huckleberry Finn, Mark Twain
Nadja, Breton
La Nuit, Elie Wiesel (le mal absolu)
Toqueville : principe prophétique de la « tyrannie douce »
Saint Vincent de Paul, voyant la mort à ses pieds : « Que veux-tu, Mort ? Te figures-tu que tu vas pouvoir quelque chose sur un chrétien ? »
F. Mitterrand, dans une forêt du Morvan, « Ce serait quand même merveilleux, si tout s'arrêtait à l'instant et que nous puissions vivre jusqu'à la fin des temps le bonheur que nous vivons maintenant ! »
Le christianisme connaitra peut-être, après sa refondation franciscaine, une renaissance épicurienne.
Simone Weil, sur l'enfermement de l'Eglise : « L'amour de ces choses qui sont hors du christianisme visible me tient hors de l'Eglise »
Dieu est une chose trop importante pour être confié à une seule religion.
Einstein : « C'est une émotion fondamentale, qui est à la racine de tout art et de toute science authentiques. Celui qui ne connaît pas cette émotion, qui n'a plus le sens du merveilleux, est comme mort, telle une bougie éteinte »
Julien Green, « Il n'y a qu'une chose qui m'aide à m'endormir, c'est de penser à la Sainte Vierge »
L'esprit d'escalier qui fait de moi un handicapé de l'esprit de répartie
C'était bien
« Je choisis tout », Thérèse de Lisieux