Note — Le syllogisme et ses arcanes — [lien]
Syllogisme... ou pas
par Judo73 — 05/01/2021 08:11 — Note publique
Le syllogisme s'apparente, j'en ai bien l'impression, a une déduction de type mathématique appliquée au domaine de l'esprit.
Wikipedia :
Un exemple très connu de syllogisme est : "Tous les hommes sont mortels, or Socrate est un homme ; donc Socrate est mortel" : les deux prémisses (dites "majeure" et "mineure") sont des propositions données et supposées vraies, le syllogisme permettant d'établir la validité formelle de la conclusion, qui est nécessairement vraie si les prémisses sont vraies.
Des "propositions supposées vraies". Or, nous savons bien que la vérité est sujette à caution. Tout est souvent affaire de langage, de définition etc.
Ici, on a : "Tous les hommes sont mortels, or Socrate est un homme ; donc Socrate est mortel". Mais que se passe-t-il si je dis "Socrate est immortel (ou socrate est plus qu'un homme) car il est un mythe, ou encore un "Dieu" pour la philosophie." Dire "Socrate est mortel" est vrai, mais dire "Socrate est immortel" est vrai aussi. Question de point de vue. De la même manière, les académiciens français sont couramment appelés "immortels". Est-ce à dire qu'un homme peut être "immortel" ?
Une question : est-il possible de trouver des énoncés qui ne soulèvent pas ce type de problème. Même les énoncés les plus mathématiques ("Un carré a 4 côtés d'égale longueur") se mordent la queue. Si bien que vouloir s'appuyer sur la logique pour "certifier" vraie telle ou telle construction me semble une erreur, surtout quand le raisonnement ne se borne pas à aligner trpis phrases mais des dizaines.
On pourrait parler de "coexistence d'énoncés" pour parler de ces énpncés à priori antinomiques. C'est toute la logique aristotélicienne qui s'effondrerait. [Voir la sophistique selon Barbara Cassin notamment]
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Je trouve finalement ceci sur Wikipedia, en fin de page :
Limites des syllogismes
John Stuart Mill (et avant lui, Sextus Empiricus, philosophe sceptique) évoque les limites du syllogisme en remarquant que dans la pratique un syllogisme déductif est rarement applicable sans une part plus ou moins escamotée d'induction.
Ainsi, le célèbre syllogisme
Tous les hommes sont mortels ;
Socrate est un homme ;
Donc Socrate est mortel
repose sur la validité de la prémisse « tous les hommes sont mortels », qui n'est pas vérifiablee. Par conséquent, le syllogisme classique est lui-même un paralogisme : aucune vérité particulière ne peut être inférée de principes généraux puisque c'est au contraire l'ensemble des premières qui doivent être démontrées pour garantir la validité des seconds.
On a pu jadis croire qu'un syllogisme expliquait quelque chose sur le monde réel à une époque où l'on croyait aux essences, c'est-à-dire où on pensait que le mot définissait la chose, et non l'inverse (voir Induction (logique), Réalisme vs. Nominalisme).