Dans ce livre, l'auteur prend "conscience de la nécessité de fonder toute action et toute éthique sur le rythme des éléments". Je rapprocherai ceci du concept d'action sans effort ou non-action (wu-wei) qui pose le bienfait d'agir en suivant et en respectant les rythmes naturels : saisons, yin et yang... (JG)
Dans Walden ou la vie dans les bois, la narration suit le cours des saisons. Thoreau y dévoile comment, au contact de l'élément naturel, l'individu peut se renouveler et se métamorphoser
Walden ou le roman du retour à la nature. Thoreau consacre de nombreuses pages à décrire la nature : l'étang de Walden mais aussi les animaux. Les observations et spéculations de Thoreau font de la nature, dans le récit, un protagoniste à part entière.
Le "nature writing" ou "texte environemental" : genre où la nature est l'objet principal de l'écriture. Thoreau montre que la distinction humain/non-humain, fondée sur des préjugés, est bien ténue ; dans sa vision, la nature s'humanise, tandis que l'homme valorisé se naturalise. Dans Walden, la nature joue un rôle thérapeutique
Walden est le récit d'une expérience qui dure « deux ans, deux mois et deux jours »[8], menée en autarcie et pendant laquelle Thoreau lit, écrit, étudie la nature et cultive ses propres légumes. Il a ainsi planté un hectare de pommes de terre, de fèves, de blé et de maïs.
Dans sa retraite de Walden, Thoreau veut vivre simplement, et seul, dans les bois, y mener « une vie de simplicité, d'indépendance, de magnanimité, et de confiance »
Thoreau s'intéresse au hululement des hiboux, au coassement des grenouilles et au chant des coqs (chapitre IV : Bruits). Au chapitre XI, il se demande si la chasse des animaux sauvages et la consommation de leur viande est une bonne chose. Il conclut que le côté primitif, animal de l'homme le pousse à tuer et manger des animaux, et qu'une personne qui transcende cette propension est supérieure à celles qui ne le font pas. Dans le chapitre XII (Voisins inférieurs), Thoreau discute brièvement des nombreux animaux sauvages qui sont ses voisins à Walden. Une description des habitudes des perdrix est suivie par une fascinante bataille entre les fourmis rouges et noires. Il prend dans sa cabane trois des combattants et les examine sous un microscope. La fourmi noire tue les deux petites rouges. Au chapitre XY (Animaux d'hiver), Thoreau s'amuse à regarder la vie sauvage durant l'hiver. Il relate ses observations sur les hiboux, lièvres, écureuils roux, souris et différents oiseaux, et la manière dont ils chassent, chantent, et mangent les petits morceaux et le maïs qu'il leur a laissés. Il décrit aussi la chasse au renard qui passe à côté de sa cabane.
La recherche d'unitéde Thoreau prend forme lors du sondage du fond de Walden Pond entrepris au chapitre XVI (« L'étang en hiver ») et par lequel Thoreau réconcilie une vision mystique de la nature avec celle plus pragmatique. Thoreau prend dès lors conscience que la Terre a une profondeur et une complexité, à son image. Cet accomplissement, que Leo Stoller nomme la « doctrine de la correspondance » est la condition première d'un regard neuf sur la nature mêlant mysticisme et science. Selon Alain Suberchicot, l'art de Thoreau a été de faire « parler l'écosystème » qui « recèle de multiples leçons » par un « didactisme discret » conjoint d'une « projection du monde naturel dans le monde humain. »
La nature joue un rôle capital dans Walden, voire un rôle moteur. Longue reconquête de la spontanéité perdue face au naturel, le roman conduit Thoreau à renouveler sa représentation et sa place dans le monde, jusqu'à reconnaître les liens intimes qui existent entre Gaïa et l'humanité : « la terre que je foule aux pieds n'est pas une masse inerte et morte, elle est un corps, elle possède un esprit, elle est organisée et perméable à l'influence de son esprit ainsi qu'à la parcelle de cet esprit qui est en moi » explique-t-il en 1851. Il parle ailleurs de « terre vivante » et de « grande créature ». Thoreau donne à ses contemporains l'exemple d'un rapport actif avec la nature (la wilderness américaine), en dehors de toute contemplation romantique et il s'élève contre la société à laquelle il oppose le concept de « simplicité volontaire ».
Thoreau fait l'apologie du retour à l'état de nature